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Lentilles sclérales (tous types)

Cet article a été rédigé par l’association SOS Syndrome de l’oeil sec, avec qui nous collaborons.

Comment fonctionnent les lentilles sclérales ?

Contrairement aux autres verres dits de contact, les lentilles sclérales sont d’un plus grand diamètre et ne sont donc pas en contact direct avec la cornée. Leur intérêt principal pour la sécheresse oculaire est qu’elles ne reposent pas sur la cornée, fragilisée dans nos pathologies, mais sur la sclère ou plus exactement la conjonctive (membrane transparente qui recouvre la sclère), c’est-à-dire le « blanc » de l’œil, moins sensible, moins innervé et surtout moins fragile que la cornée. 

L’utilisation de ces lentilles évite donc le contact direct avec la cornée, qui est protégée par un réservoir de liquide (habituellement du sérum physiologique) des nombreuses agressions qu’elle peut subir. Cela permet une hydratation et une oxygénation constante de la cornée, qui est essentielle pour l’amélioration de nombreuses pathologies sévères de la surface oculaire en favorisant la cicatrisation et en maintenant un niveau d’hydratation permanent. Ces verres permettent ainsi de réduire les douleurs, la photophobie, la friction et autres agressions liées aux paupières, de corriger des astigmatismes irréguliers souvent associés à ces pathologies.

Pour quelles pathologies ?

Bien qu’il s’agisse d’une nouvelle approche thérapeutique, les lentilles sclérales existent depuis plus longtemps que les lentilles cornéennes dites “classiques”. Auparavant, leur utilisation était réservée à des yeux qui ne pouvaient pas être corrigés par les lunettes ou d’autres types de lentilles, du fait d’anomalies de la superficie cornéenne (telles que dans le kératocône, cornea plana, voire dans des astigmatismes irréguliers très importants). 

Depuis quelques années, elles semblent donner de très bons résultats dans certaines pathologies de la surface oculaire, en particulier la kératite neurotrophique, les kératites où la protection de la cornée est nécessaire et les cas de Lyell et Stevens-Johnson, voire d’autres pathologies. Ces lentilles sont souvent utilisées dans des situations de dernier recours, en particulier lorsque toute greffe ou opération invasive sur la cornée risque d’échouer, ou encore pour éviter une perforation imminente. Les lentilles sclérales sont également de plus en plus utilisées en cas de sécheresse oculaire sévère mais sont souvent prescrites après échec des différentes thérapeutiques de référence (hygiène des paupières, lubrification, ciclosporine, doxycycline…). A noter qu’en cas de blépharite prononcée, le frottement de la lentille avec l’intérieur de la paupière pourrait être irritant, il faut donc suivre les recommandations de votre ophtalmologiste.

Il ne faut donc pas considérer qu’elles sont à employer dans tous les cas et pour toutes les formes de sécheresse oculaire. Elles imposent un suivi très contraignant et rigoureux, et demandent donc une certaine motivation de la part des patients, leur pose et adaptation étant complexes et potentiellement longues.

Liste toutes marques de lentilles sclérales : 

  • SPOT (LAO)
  • Lissac ; 
  • AKS (LCS) ;
  • OneFit (Dencott) ;
  • Menicon ;
  • CooperVision ;
  • I-matrix (Appenzeller) ;
  • Ken Pullum

Quel coût ?

Leur coût reste très important et elles sont encore très peu voire pas remboursées sous certaines conditions seulement par la Sécurité Sociale sur la base de simples lentilles.

Seules les lentilles sclérales SPOT bénéficient d’une prise en charge à 100% depuis plusieurs années, notamment grâce à l’action des associations Kératos et Amalyste.

Quant aux produits d’entretien de ces lentilles, ils ne bénéficient d’aucune prise en charge. 

Leur coût final est donc plus important encore du fait de l’entretien et de l’adaptation. Ainsi, il semble qu’elles soient principalement destinées à des pathologies graves de la surface oculaire en échec thérapeutique à défaut d’une indication visuelle très particulière (ex : kératocône, cicatrice sur la cornée). 

Par ailleurs, la tolérance et les bénéfices de ces lentilles restent en partie imprévisibles et donc ne peuvent être totalement constatés qu’au cas par cas, et que de manière empirique (après plusieurs essais). Il semble donc qu’elles soient susceptibles d’aider plus certaines personnes et certaines pathologies que d’autres. Certains patients doivent tester plusieurs marques et types de lentilles sclérales avant de trouver celles qui leur conviennent le mieux.

La capacité des verres scléraux à protéger la cornée et à la maintenir constamment hydratée est indéniable et assurément ce qui se fait de mieux actuellement. Cependant d’autres enjeux peuvent conduire malgré tout à l’échec de ce traitement. Les verres scléraux pourraient également servir de moyen de délivrer des médicaments et autres éléments nutritifs. 

Cette option thérapeutique reste encore méconnue des ophtalmologues de France.

Sources :

Contactologie : nouveaux défis – Dr Delcampe

Modern scleral lenses part I: clinical features.Visser ES, Visser R, van Lier HJ, Otten HM, Visser Contact Lens Practice, Nijmegen-Utrecht, The Netherlands.Eye Contact Lens. 2007 Jan;33(1):13-20

Scleral lens an important tool in many ‘last resort’ scenarios. Patients with severe ocular surface disease and other corneal disorders may benefit from lens Cheryl Guttman,  Ophthalmology Times, Sep 1, 2005

Fluid-Ventilated, Gas-Permeable Scleral Contact Lens Is an Effective Option for Managing Severe Ocular Surface Disease and Many Corneal Disorders That Would Otherwise Require Penetrating Keratoplasty, Rosenthal, Perry M.D; Croteau, Amy O.D,  Eye & Contact Lens: Science & Clinical Practice. 31(3):130-134, May 2005.

Scleral Contact Lenses: The Expanding Role. Pullum, Kenneth W; Whiting, Mark A ; Buckley, Roger J, Cornea. 24(3):269-277, Avril 2005.

Vers une réhabilitation des verres scléraux?, Journal Français d’Ophtalmologie, J.-M. Laroche, F. Baëchelé, M. Drouin, M. Ortega, T. Hoang-Xuan, Volume 27 No 8 de octobre 2004.

Scleral contact lenses may help where other modalities fail, Segal O, Barkana Y, Hourovitz D, Behrman S, Kamun Y, Avni I, Zadok D Department of Opthalmology, Assaf Harofeh Medical Center, Zerifin, Israel. Cornea. 2003 May; 22(4):308-10.

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A study of 530 referred for RGP scleral contact lens assessment, Kenneth Pullum & Roger Buckley,  in Cornea  et 16 (6):612-622, 1997; ibidem, Optometrist Today, 20 août 1999.

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